Archives pour la catégorie Poésie



Septembre

Septembre

Parmi la chaleur accablante
Dont nous torréfia l’été,
Voici se glisser, encor lente
Et timide, à la vérité,

Sur les eaux et parmi les feuilles,
Jusque dans ta rue, ô Paris,
La rue aride où tu t’endeuilles
De tels parfums jamais taris,

Pantin, Aubervilliers, prodige
De la Chimie et de ses jeux,
Voici venir la brise, dis-je,
La brise aux sursauts courageux…

La brise purificatrice
Des langueurs morbides d’antan,
La brise revendicatrice
Qui dit à la peste : va-t’en !

Et qui gourmande la paresse
Du poëte et de l’ouvrier,
Qui les encourage et les presse…
 » Vive la brise !  » il faut crier :

 » Vive la brise, enfin, d’automne
Après tous ces simouns d’enfer,
La bonne brise qui nous donne
Ce sain premier frisson d’hiver ! « 

Verlaine

Le mois d’août

 moissons

(Breugel)

Ô mes frères, voici le beau temps des vacances !
Le mois d’août, appelé par dix mois d’espérances !
De bien loin votre aîné ; je ne puis oublier
Août et ses jeux riants ; alors, pauvre écolier,
Je veux voir mon pays, notre petit domaine ;
Et toujours le mois d’août au logis nous ramène,
Tant un coeur qui nourrit un regret insensé,
Un coeur tendre s’abuse et vit dans le passé !
Voici le beau mois d’août : en courses, camarades !
La chasse le matin, et le soir les baignades !
Vraiment, pour une année, à peine nos parents
Nous ont-ils reconnus : vous si forts et si grands,
Moi courbé, moi pensif – Ô changements contraires !
La jeunesse vous cherche, elle me fuit, mes frères ;
Gaîment vous dépensez vos jours sans les compter,
Econome du temps je voudrais l’arrêter. -
Mais aux pierres du quai déjà la mer est haute :
Toi, mon plus jeune frère, allons ! gagnons la côte ;
En chemin par les blés tu liras tes leçons,
Ou bien tu cueilleras des mûres aux buissons.
Hâtons-nous ! le soleil nous brûle sur ces roches ! -
Ne sens-tu pas d’ici les vagues toutes proches ?
Et la mer ! l’entends-tu ? Vois-tu tous ces pêcheurs ?
N’entends-tu pas les cris et les bras des nageurs ?
Ah ! rendez-moi la mer et les bruits du rivage :
C’est là que s’éveilla mon enfance sauvage ;
Dans ces flots, orageux comme mon avenir,
Se reflètent ma vie et tout mon souvenir !
La mer ! J’aime la mer mugissante et houleuse,
Ou, comme en un bassin une liqueur huileuse,
La mer calme et d’argent ! Sur ses flancs écumeux
Quel plaisir de descendre et de bondir comme eux,
Ou, mollement bercé, retenant son haleine,
De céder comme une algue au flux qui vous entraîne !
Alors on ne voit plus que l’onde et que les cieux,
Les nuages dorés passant silencieux,
Et les oiseaux de mer, tous allongeant la tête
Et jetant un cri sourd en signe de tempête…
Ô mer, dans ton repos, dans tes bruits, dans ton air,
Comme un amant, je t’aime ! et te salue, ô mer !

  Assez, assez nager ! L’ombre vient, la mer tremble ;
Contre les flots, mon frère, assez lutter ensemble !
Retrempés dans leur sel, assouplis et nerveux,
Partons ! Le vent du soir séchera nos cheveux.

Quelle joie en rentrant, mais calme et sans délire,
Quand, debout sur la porte et tâchant de sourire,
Une mère inquiète est là qui vous attend,
Vous baise sur le front, et pour vous à l’instant
Presse les serviteurs, quand le foyer pétille,
Et que nul n’est absent du repas de famille !
Monotone la veille, et vide, la maison
S’anime : un rayon d’or luit sur chaque cloison ;
Le couvert s’élargit ; comme des fruits d’automne,
D’enfants beaux et vermeils la table se couronne ;
Et puis mille babils, mille gais entretiens,
Un fou rire, et souvent de longs pleurs pour des riens.
Mais plus tard, lorsqu’on touche aux soirs gris de septembre,
En cercle réunis dans la plus grande chambre,
C’est alors qu’il est doux de veiller au foyer !
On roule près du feu la table de noyer,
On s’assied ; chacun prend son cahier, son volume ;
Grand silence ! on n’entend que le bruit de la plume,
Le feuillet qui se tourne, ou le châtaignier vert
Qui craque, et l’on se croit au milieu de l’hiver.
Les yeux sur ses enfants, et rêveuse, la mère
Sur leur sort à venir invente, une chimère,
Songe à l’époux absent depuis la fin du jour,
Et prend garde que rien ne manque à son retour.

L’aïeule cependant sur sa chaise se penche,
Et devant le Seigneur courbe sa tête blanche.

Ecoutez-la, Seigneur, et pour elle, et pour nous !
Cette femme, ô mon Dieu, qui vous prie à genoux,
Ne la repoussez pas ! Soixante ans à la gêne,
Et toujours courageuse, elle a porté sa chaîne :
Une heure de repos avant le grand sommeil !
Avant le jour sans fin, quelques jours au soleil !

  Auguste Brizeux (1803-1858)

  (Recueil : Marie)

les moissons

(Christian Charles)

Juillet

floraison

Depuis les feux de l’aube aux fleurs du crépuscule,
Le soleil verse à flots ses torrides rayons;
On voit pencher la fleur et jaunir les sillons
Voici les jours poudreux de l’âpre canicule.

Le chant des nids a fait place au chant des grillons;
Un fluide énervant autour de nous circule;
La nature, qui vit dans chaque animalcule,
Fait frissonner d’émoi tout ce que nous voyons.

Mais quand le boeuf qui broute à l’ombre des grands chênes
Se tourne haletant vers les sources prochaines;
Quel est donc, dites-vous, ce groupe échevelé.
Qui frappe les échos de ses chansons rieuses?

Hélas! C’est la saison des vacances joyeuses…
Comme il est loin de nous ce beau temps envolé!

Louis-Honoré Fréchette

Soir d’été

 fleur papillon eau

Si vous tendez un peu l’oreille
Quand le soleil
A fait flamboyer le jardin
Et que son dernier rayon dore
Encore
Au seuil du soir,
Votre arrosoir.
Ecoutez bien :
Vous entendrez tout doux, tout doux,
Dans tous les coins
Ivres d’odeurs,
Vous entendrez, à petits coups,
Dans tous les coins, boire les fleurs.

Maurice Carême

fleurie

Juin

l'amour endormi

Pendant avril et mai, qui sont les plus doux mois,
Les couples, enchantés par l’éther frais et rose,
Ont ressenti l’amour comme une apothéose ;
Ils cherchent maintenant l’ombre et la paix des bois.

Ils rêvent, étendus sans mouvement, sans voix ;
Les coeurs désaltérés font ensemble une pause,
Se rappelant l’aveu dont un lilas fut cause
Et le bonheur tremblant qu’on ne sent pas deux fois.

Lors le soleil riait sous une fine écharpe,
Et, comme un papillon dans les fils d’une harpe,
Dans ses rayons encore un peu de neige errait.

Mais aujourd’hui ses feux tombent déjà torrides,
Un orageux silence emplit le ciel sans rides,
Et l’amour exaucé couve un premier regret.

René-François SULLY PRUDHOMME (1839-1907
(Recueil : Les vaines tendresses)

Baiser

Ose

Ose

Il meurt lentement celui qui ne voyage pas celui qui ne lit pas

Celui qui n’écoute pas de musique

Celui qui ne sait pas trouver grâce à tes yeux

  

Il meurt lentement celui qui a détruit son amour propre

Celui qui ne se laisse jamais aider

  

Il meurt lentement celui qui devient esclave de l’habitude

Refaisant tous les jours les mêmes chemins

Celui qui ne change jamais de repère

Ne se risque jamais à changer la couleur de ses vêtements

Ou qui ne parle jamais à un inconnu

  

Il meurt lentement celui qui évite la passion et son tourbillon d’émotions

Celles qui redonnent la lumière dans les yeux et réparent les cœurs blessés

  

Il meurt lentement celui qui ne change pas de cap lorsqu’il est malheureux au travail ou en amour

Celui qui ne prend pas de risques pour réaliser ses rêves, celui qui pas une seule fois dans sa vie n’a fui les conseils.

  

Vis maintenant

Risque toi aujourd’hui

Agis tout de suite

Ne te laisse pas mourir lentement

Ne te prive pas d’être heureux

 

PABLO NERUDA

A ma femme endormie

 

femme endormie

Tu dors en croyant que mes vers
Vont encombrer tout l’Univers
De désastres et d’incendies ;
Elles sont si rares pourtant
Mes chansons au soleil couchant
Et mes lointaines mélodies.

Mais si je dérange parfois
La sérénité des cieux froids,
Si des sons d’acier et de cuivre
Ou d’or, vibrent dans mes chansons,
Pardonne ces hautes façons,
C’est que je me hâte de vivre.

Et puis tu m’aimeras toujours.
Éternelles sont les amours
Dont ma mémoire est le repaire
Nos enfants seront de fiers gars
Qui répareront les dégâts,
Que dans ta vie a fait leur père.

Ils dorment sans rêver à rien,
Dans le nuage aérien
Des cheveux sur leurs fines têtes ;
Et toi, près d’eux, tu dors aussi,
Ayant oublié le souci
De tout travail, de toutes dettes.

Moi je veille et je fais ces vers
Qui laisseront tout l’univers
Sans désastre et sans incendie ;
Et demain, au soleil montant
Tu souriras en écoutant
Cette tranquille mélodie.

Charles Cros 

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Auteur :

alicee

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